Il existe des projets qui naissent d'une conviction simple, presque évidente une fois énoncée, et qui pourtant bousculent en profondeur les habitudes d'un secteur entier. MEDEVA est de ceux-là.
Né début 2025, porté par Jean Roussenque avec l'appui du Docteur Jérôme Roussenque, médecin généraliste depuis près de 30 ans à Châtellerault, MEDEVA part d'un constat que beaucoup partagent mais que peu ont traduit en projet concret : la médecine générale en France est en train de s'effondrer sous le poids d'un modèle qui ne correspond plus ni aux besoins des patients, ni aux aspirations des soignants.
Un système à bout de souffle
Les chiffres sont connus. Sept millions de Français n'ont plus de médecin traitant. Quatre-vingt-sept pour cent du territoire national est classé en situation de fragilité médicale. Trente pour cent des médecins généralistes partiront à la retraite d'ici 2030. Et parmi les internes qui terminent leurs études aujourd'hui, trois sur dix déclarent ne pas vouloir exercer en libéral.
Ce n'est pas une crise de vocation. Les jeunes médecins veulent soigner. Ce qu'ils refusent, c'est un modèle d'exercice qui les force à choisir entre leur vie et leur métier : s'installer seuls dans un territoire sous-doté, y porter l'intégralité de la charge administrative, y renoncer à toute mobilité, y exercer sans collectif professionnel, ou partir vers les hôpitaux et les grandes villes, où les conditions sont plus attractives mais où leur présence ne résout pas la pénurie de médecins de premier recours.
De l'autre côté, les patients vivent l'envers de cette même situation : des délais qui s'allongent, des cabinets qui ferment sans repreneur, des consultations aux urgences pour des motifs qui auraient relevé d'un simple rendez-vous chez le médecin traitant. La rupture du parcours de soins commence là.
Ce qui manquait : un opérateur, pas une intention
La France ne manque pas d'intentions sur ce sujet. Les rapports, les plans, les annonces de maisons de santé se sont multipliés depuis quinze ans. Ce qui a manqué, c'est un acteur capable de traduire l'intention politique en opérationnel médical : recruter des praticiens, les former à un modèle coordonné, ouvrir des cabinets fonctionnels dès le premier jour, les faire vivre dans la durée, et déployer ce modèle à grande échelle, partout sur le territoire.
C'est précisément ce que MEDEVA construit.
Le modèle : un binôme MG-IPA, une structure nationale
Le modèle MEDEVA repose sur une organisation simple dans son principe, mais structurante dans ses effets : chaque cabinet accueille un binôme composé d'un médecin généraliste (MG) et d'un infirmier en pratique avancée (IPA). Le médecin diagnostique, décide, arbitre les cas complexes. L'IPA prend en charge le suivi des pathologies chroniques stabilisées, l'éducation thérapeutique, et coordonne avec le médecin. Ensemble, ils peuvent prendre en charge 30 à 40 % de patients supplémentaires par rapport à un cabinet classique.
Derrière ce binôme, MEDEVA gère l'intégralité de ce que ni le médecin ni le patient ne devrait avoir à gérer : l'administratif, le secrétariat, les plannings, les relations avec l'ARS et la CPAM, les locaux, équipés et opérationnels dès le premier jour. Les praticiens peuvent se consacrer exclusivement au soin. Les patients bénéficient d'un accueil structuré, d'un dossier médical partagé entre tous les cabinets du réseau, et d'une continuité de suivi qui ne dépend plus de la présence d'un seul praticien.
L'ambition : devenir le médecin traitant des Français
L'ambition de MEDEVA est claire et assumée : devenir le réseau de référence de la médecine générale en France. Que vous soyez à Rennes ou à Draguignan, à Poitiers ou à Arcachon, que vous déménagiez, que vous partiez en déplacement professionnel ou que vous passiez vos vacances à l'autre bout du pays, MEDEVA veut être là. Un même nom, un même niveau de soins, un même dossier médical partagé, sans rupture de prise en charge.
Autrement dit : votre médecin MEDEVA n'est pas attaché à une adresse. Il est attaché à vous.
Cela suppose un déploiement progressif et rigoureux. La phase 1, en cours, vise 11 cabinets pilotes d'ici 2027, un par région, pour valider le modèle et recruter les premiers praticiens. La phase 2 vise plus de 100 cabinets d'ici 2030. La phase 3, plus de 500 cabinets d'ici 2035, sur une cible de plus de 700 villes identifiées sur l'ensemble du territoire métropolitain.
Ce que ce modèle change pour les soignants
MEDEVA a été pensé autour d'une conviction portée par Jean Roussenque : on ne devrait pas avoir à choisir entre bien gagner sa vie et bien exercer son métier. Entre son lieu de vie et le bon sens médical.
Un médecin qui rejoint MEDEVA retrouve ce que le libéral classique avait progressivement effacé : le temps de soigner. Sans paperasse, sans investissement immobilier, sans l'anxiété de devoir construire seul une patientèle pendant des années. Il retrouve aussi quelque chose que le salariat hospitalier n'offre généralement pas : l'autonomie clinique, la relation de proximité avec ses patients, et la liberté de changer de ville sans recommencer à zéro, parce que son réseau, lui, est national.
Pour les infirmiers en pratique avancée, c'est une reconnaissance différente : un rôle structuré, des protocoles clairs, une vraie place dans l'organisation des soins plutôt qu'un statut sous-exploité à la périphérie d'un système qui ne leur a pas encore vraiment fait de place.
Ce que ce modèle change pour les territoires
Pour les communes confrontées à la fermeture de cabinets sans repreneur, MEDEVA n'est pas seulement un opérateur médical : c'est un partenaire durable. Un cabinet MEDEVA ne ferme pas parce qu'un médecin part à la retraite. La structure nationale assure la continuité - recrutement d'un successeur, mobilité interne du réseau - indépendamment des aléas individuels qui, dans un cabinet isolé, suffisent à laisser une commune entière sans médecin du jour au lendemain.
Plus de 50 communes soutiennent déjà un projet de santé porté par MEDEVA. Chacune a compris la même chose : la volonté politique peut financer des locaux, mais elle ne peut pas recruter des médecins ni gérer un cabinet au quotidien. MEDEVA, si.
Un projet humain autant qu'une structure médicale
Derrière les chiffres et les modèles d'organisation, MEDEVA est aussi un projet de sens. Beaucoup de médecins ont choisi ce métier pour connaître leurs patients par leur prénom, pour suivre une famille sur des années, pour être là dans les moments qui comptent. Quelque part entre l'administratif, l'isolement et la surcharge, cette médecine s'est perdue pour beaucoup d'entre eux.
MEDEVA ne prétend pas réinventer la médecine. Il veut simplement remettre les soignants dans les conditions de la pratiquer vraiment, et les patients dans les conditions d'y accéder vraiment.
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.